Ingrédient phare de la cosmétologie, la fleur de Safran a longtemps été considérée comme un véritable trésor aux milles et unes vertus. Et cet engouement est bien loin d’être récent puisque le monde antique s’arrachait déjà cette épice presque magique …
De l’élite grecque à Alexandre Le Grand en passant par la belle Cléopâtre ; itinéraire antique de l’Or méditerranéen.

Le safran dans la culture grecque.

Si la fleur de safran est appréciée dans le monde entier, elle fut presque révérée par les grecs qui la considéraient comme une plante médicinale d’exception. En effet, la mythologie veut que Crocus, un beau jeune homme amoureux de la nymphe Smilax, ait suivi celle-ci dans les bois où ils auraient vécu une idylle passionnée. Cependant, rien ne dure. Et lassée de son bel amant, la nymphe use de ses pouvoirs pour transformer celui-ci en fleur de safran. Dont les pistils flamboyants seraient la rémanence mélancolique de l’adoration éprouvée par ce dernier à son égard. Une tragédie romantique si connue qu’elle fera les délices du vénérable Ovide dans ses Métamorphoses.
En outre, la fleur de safran est représentée dans des fresques appartenant à l’époque de la Crête Minoenne, ce qui montre qu’elle était déjà connue et appréciée à cette époque. C’est par exemple le cas de la fresque retrouvée à Akrotiri (sur l’île de Santorin) qui représente tour à tour une déesse grecque présidant à la culture de safran et une jeune femme utilisant quelques fleurs pour soigner son pied ensanglanté … Ce qui montre bien les vertus médicinale de cette fleur unique.
Du reste, dès cette époque, l’on utilise la fleur de safran tout à la fois pour préparer des parfums et des onguents destinés à soigner ou à magnifier … L’on assure même que lors du passage des empereurs, Rome était couverte de fleurs de safran. Tandis que les plus riches des citoyens en prenaient des bains ou l’utilisaient pour fabriquer une sorte de khôl. Voire l’offraient à leurs divinités en échange de leur protection. Ce qui prouve bien la valeur de cette fleur sans égale …

Le safran dans la culture égyptienne.

A vrai dire, la grande Egypte elle-même succombera aux pistils incandescents de la fleur de crocus puisque sa plus éminente souveraine, la majestueuse Cléopâtre, en versera dans son bain pour colorer et sublimer sa peau. Plus encore, selon certains historiens, elle prisait également le safran pour ses propriétés aphrodisiaques. Peut-être celui-ci est-il alors à l’origine de la passion du grand Jules César pour la reine d’Egypte ? Quoi qu’il en soit, l’exemple de la reine fera date et le monde égyptien lui confèrera à son tour des vertus cosmétiques et curatives, l’employant notamment pour soigner problèmes intestinaux et urinaires.

Le safran dans la culture perse.

Le monde perse quant à lui accorde également aux fleurs de crocus des vertus mystiques et curatives, l’employant dans des potions et remèdes. Du reste c’est au Moyen-Orient que l’on trouve les plus anciennes mentions de l’utilisation de ces pistils tant prisés. Cependant, au contraire des gréco-romains (qui furent les premiers à cultiver le safran et en importèrent jusqu’en Gaulle lors de leur conquêtes) ou des égyptiens ; ils ne peuvent se résoudre à les cultiver car selon eux, cela enlèverait toutes propriétés magiques au safran. Celui-ci doit donc être sauvage, produit par les Dieux, pour être chargé de pouvoirs fabuleux … Il faudra par conséquent attendre le X ème siècle avant Jésus Christ pour le voir cultivé à Ispahan où son usage n’est plus uniquement teinté de mysticisme. Et son plus grand ambassadeur sera alors Alexandre Le Grand qui (en plus de le consommer en tisane) en prenait régulièrement des bains, réputés agir contre les douleurs physiques et la mélancolie !

Ainsi, héros de guerre, reines ou empereurs ; tous succombèrent à la fleur aux milles bienfaits … Et ce n’est pas pour rien qu’elle a aujourd’hui acquis une place de choix dans les rituels beauté et santé les plus luxueux et les plus puissants.

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